La chronique
L'un des plus gros vendeurs de metal symphonique au Monde se met en danger. Within Temptation n'avait rien livré de vraiment nouveau depuis quatre ans. Un énorme concert en DVD, un live acoustique en CD... bienvenus en guise d'apéritif mais loin de satisfaire celui qui attendait de l'inédit. Les Hollandais ont pris le temps de bien penser leur nouveau disque. Il faut dire qu'après avoir vendu plus de cinq millions d'exemplaires de leur The Heart of Everything, les membres du groupe ont pu envisager leur avenir de manière beaucoup plus détendue. Puisqu'il fallait frapper un grand coup pour fêter leur retour, les voilà sur plusieurs fronts à la fois.
The Unforgiving est un concept album basé sur un comic écrit par Steven O'Connell et dessiné par Romano Molenaar. Les personnages de la bande dessinée en question sont devenus les héros de chaque chanson, l'ensemble donnant une ?uvre multimédia permettant de donner un fond à ce disque. Un concept certes déjà vu mais toujours sympathique notamment au moment de l'achat des versions collector que l'on suppose livrées avec un comic et quelques autres cadeaux bonus. Mais qu'en est-il de la musique ? Car c'est surtout là que se situe la véritable évolution du groupe.
Fifty-fifty. D'un côté Within Temptation évolue dans le bon sens du terme. Plus pop que par le passé, moins chargé en gros effets symphoniques parfois indigestes, le son conserve son esprit orchestral mais la forme semble un peu moins grandiloquente. Un changement que l'on doit aussi à la voix de Sharon, plus présente dans le registre des médiums et donc moins souvent au bord de la rupture que lorsqu'elle hurle dans les aigus. Pas désagréable. Cela donne de jolies surprises comme « Faster » et « Murder ». De l'autre, ce qui faisait le cachet de cette musique auprès des fans les plus anciens se voit réduit à des titres réalisés dans un format beaucoup plus radiophonique. On imagine déjà les dents qui grincent et certains parallèles effectués avec des groupes comme Evanescence pointer le bout de leur nez sur les forums à venir.
On ne peut pas plaire à tout le monde. Que le virage amorcé soit guidé par des motivations mercantiles ou par la simple envie de faire les choses différemment, on ne pourra en tout cas pas reprocher à Within Temptation de faire du surplace. Rien que pour les débats à venir autour de The Unforgiving, cela valait la peine d'attendre quatre ans.
Guillaume Ley
Réagissez