La chronique
Même s'il a explosé sur la scène internationale au même moment que ses compatriotes de dEUS, le groupe Hooverphonic, ne s'inscrit pas vraiment dans cette bouillonnante famille du rock belge, comme on le lit parfois. Leurs racines à eux sont dans l'abstract hip-hop, c'est-à-dire le trip-hop.
Ce trio de deux garçons (Alex Callier et Raymond Geerts) et une fille (Geike Arnaert, dont la voix angélique est devenue emblématique du groupe) possède une identité forte. A commencer par une couleur, le bleu, une fois encore majoritaire sur la pochette du disque. Il semble en effet représentatif de leur musique, aux rythmiques électroniques parfois glaciales, aux mélodies aériennes parfois inquiétantes (« Autoharp »), propices à la rêverie nocturne. Ethérée ou très orchestrée cette musique se caractérise quoi qu'il en soit par son élégance.
The Magnificent Tree navigue entre trip-hop (« Everytime We Live Together We Die a Bit More » où l'influence de Portishead est manifeste) et post-rock mélodique (le titre éponyme) qui prodigue un sentiment de liberté fort agréable. Car dans ces grands espaces, l'auditeur est libre de faire son cinéma, d'y projeter de beaux paysages et de belles images. Et de découvrir ou redécouvrir les titres romantiques plus accessibles, devenus des tubes grâce à la voix de la charismatique chanteuse (« Vinegar and Salt », « Mad About You »). Lyrique et magnifique.
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