La chronique
Deux ans après Not Too Late, qui s'était écoulé à quelques millions d'exemplaires, la chanteuse a changé son équipe, recruté de nouveaux musiciens et a fait appel au prolifique producteur Jacquire King, connu pour avoir travaillé avec des pointures comme Tom Waits, Modest Mouse ou encore Kings of Leon. Le virage attendu sur The Fall a-t'il été bien négocié ?
Première impression : oui, même si ce virage ne s'avère pas aussi serré qu'on a pu l'entendre ci-et-là... D'emblée, Norah Jones nous plonge dans un univers un peu plus tendu, moins jazzy et lorgnant vers la pop avec le single « Chasing Pirates », titre faussement nonchalant où la voix de la chanteuse se fait plus suave que fluette, et où les guitares (électriques s'il vous plaît) semblent vouloir sortir de leurs gonds sans pour autant y parvenir. Retour à la réalité factuelle : Norah Jones reste Norah Jones.
Ceci étant, des titres comme « It's Gonna Be » ou, dans une moindre mesure, « Young Blood » sentent plus la poussière du comptoir du saloon du coin que le feu de cheminée dans la salon tamisé et délicat auquel Norah Jones nous avait habitués. The Fall, bien que romantique comme ses prédécesseurs, est un disque un tantinet plus sombre et désabusé. Nous ne sommes pas ici chez Cat Power ou Tori Amos, mais la chanteuse semble avoir pris un peu de « bouteille », a l'air d'avoir essuyé quelques revers et laissé moult illusions s'évanouir. The Fall en ressort grandi.
« Light as a Feather », chanson fantomatique et lancinante que n'aurait pas renié Sia, propose une vision très concrète et charnelle de l'amour avec « I Wouldn't Need You ». Car, comme depuis Come Away With Me en 2002, c'est bel et bien toujours d'amour dont il s'agit. Et il faut bien l'avouer, Norah Jones donne encore un peu plus envie d'être aimée.
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