La chronique
Adulé par la branchitude internationale suite à l'excitant Nights Out (2008), Metronomy n'a pas du travailler sur son troisième album l'esprit serein, mais plutôt la peur au ventre. Peur de ne pas satisfaire les attentes, peur de se répéter, peur d'être devenu incapable de pondre des hymnes pop tels que « Heartbreaker » ou « A Thing for You ».
Fort heureusement, cette appréhension n'a pas paralysé Joseph Mount, la tête pensante, auteur compositeur et multi instrumentiste attitré du groupe anglais. Après le départ du bassiste Gabriel Stebbing, il a même su rebondir en recrutant un nouveau bassiste, Gbenga Adelekan et une batteuse, Anna Prior. Oscar Cash, lui, reste fidèle à son poste de claviériste et saxophoniste. Le tout forme un groupe cohérent, soudé, efficace. Ce qui est déjà une bonne nouvelle. Le format du trio masculin ne manque absolument pas, car le quatuor distille encore plus de glamour.
Un bonheur n'arrive jamais seul : manifestement ravi d'avoir davantage de musiciens à ses côtés, Mount s'en est donné à c?ur joie. Ses compositions s'avèrent donc, et ceci est la deuxième bonne nouvelle, à la hauteur de Nights Out. Après l'introduction instrumentale et maritime de « The English Riviera », l'album attaque avec un morceau sensuel, entêtant, porté par la voix addictive de Josh Mount, « We Broke Free ». Puis l'auditeur passe au duo avec la chanteuse Roxanne Clifford de Veronica Falls, « Everyhting Goes on My Way », une vraie réussite sensuelle et acidulée. C'est ensuite au tour du premier single « She Wants », bel exemple de retenue et d'élégance rythmiques. Quelques minutes plus tard, « Corrinne » ou « The Bay » renouent avec l'electro festive de Metronomy, parfois branchée sur le mode disco à la Studio 54. Sans oublier des morceaux de bravoure comme « Love Underlined » ou « Some Written », qui achèvent d'imposer l'empreinte du grand auteur-compoisteur qu'est indéniablement Joseph Mount.
Accoucher d'une pop song intelligente mais facile d'accès est un des actes musicaux les plus ardus au monde. Sur le seul temps d'un album de minutes, le meneur de Metronomy, lui, récidive à plusieurs reprises, si ce n'est à chaque fois pour les plus enthousiastes (dont il est difficile de ne pas faire partie). Non seulement The English Riviera fait aussi bien que Nights Out (exploit) mais il fait aussi peut-être encore mieux (double exploit). Il s'agit là, et sans aucun doute cette fois, d'un des meilleurs disques d'electro-pop de l'année 2011.
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