La chronique
Un premier clip en illustration d'un single projeté en avant-garde (« The Time (Dirty Bit) », bien évidemment extrait aux forceps de la musique de Dirty Dancing, mais passablement éloigné de l'interprétation initiale, et roucoulante, de Bill Medley et Jennifer Warnes) à la vitesse de la lumière, et une cadence robotique, le confirme : les Black Eyed Peas sont en ville, et les dance-floors en sont tout émoustillés, d'autant que Will. I. Am décide de mettre à profit le temps de lancement de l'opus pour faire tressauter le très sélect club parisien Régine's.
Le sixième album des Américains a été annoncé, et cela ne laisse pas d'entretenir le paradoxe si l'on se réfère à son intitulé, comme une suite à son prédécesseur (The E.N.D., 2009). Ce qui s'avère culotté, si l'on se souvient des containers entiers (on parle de onze millions de copies) écoulés par un disque qui aura, il y a quelques mois à peine, contribué à établir définitivement les canons esthétiques du groupe (electro minimaliste, et techno éruptive). Le groupe s'est également colleté avec la dure réalité du téléchargement (qui, selon Will. I. Am en personne, désintègre la notion d'album, puisque chaque consommateur de musique peut désormais piocher dans une invraisemblable corne d'abondance, et composer sa bande originale favorite du moment) : ainsi, les douze chansons de The Beginning sont conçues pour dérouler leur faste sur la plate-forme d'une party fastueuse, et unique, où règnent en forces plénipotentiaires basses en boucles, riffs para-militaires dans leur caractère martial - apparemment la grande affaire du moment - et machines rayonnantes.
C'est par ailleurs la seule réserve que l'on pourra émettre à un programme où l'efficacité porte parfois atteinte à l'identité propre de chaque refrain. Mais danser reste la grande proposition de la sélection, dans un caractère d'immédiateté et de simplicité qui n'échappera effectivement à personne (les interpellations - « Don't Stop The Party » - ont au moins la luminescence d'une boule à facettes). Et les références en la matière (KC & The Sunshine Band, Chic, les quelques mots en français de « Fashion Beats » comme a pu en son temps en susurrer Blondie) laisseront encore moins de doute sur le sujet, d'autant que David Guetta (même s'il cantonne ici sa collaboration à un seul titre, « The Best One Yet (The Boy) ») figure encore une fois au casting.
Un album qui confirme The Black Eyed Peas comme groupe prééminent de sa catégorie, et s'impose comme la bande sonore des fêtes des six prochains mois.
Á noter que l'édition se décline en édition standard, luxe (avec l'adjonction de trois titres bonus), et édition super de luxe incluant deux volets (dont un CD comprenant une sélection de l'album précédent).
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