La chronique
L’année précédente, Jean-Louis Aubert a écrit quelques textes (dont « L’Hirondelle », sur une musique de Paul Personne) pour Barbara (présente ici). Ce mariage supposé de la carpe (grand dame brune de la chanson française, surprise dans ses derniers sanglots) et du lapin (sautillant d’un rock mythique – Téléphone – à un sillon personnel creusé, encore et encore) aura des conséquences dépassant largement un simple refrain. Aubert aura en effet mis trois albums à ouvrir les canons esthétiques, purement rock, de Téléphone, à la musique noire, ou à l’acoustique. Avec Stockholm, il se tourne définitivement vers la contemporanéité, en invitant l’immense batteur nigérian Tony Allen à dérouler sa polyrythmie dans les chansons, ou en se confrontant pour la première fois aux réalités du trip-hop (« Le Milieu »). Au moment de la composition de ces chansons, le chanteur vivait alors sur une péniche, et le disque a été mixé à…Londres et Bruxelles, mais enregistré en Suède, ce qui traduit convenablement ses désirs d’ailleurs, ces allers et retours, de ports en studios, et les catalogues de découvertes et de douleurs qui vont avec. Jean-Louis chante donc du Gérard Manset, joue de la guitare avec l’alter ego Olive, interprète une composition qui est un peu à lui, un peu à Barbara (le magnifique « Le Jour se lève encore »), et grave un instrumental en fin de disque (« Baltic »), comme ça, pour s’amuser, et permettre aux gens d’atterrir doucement. Stockholm n’est pas un album facile. La vie ne l’est pas non plus.
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