La chronique
Le projet est certes louable, puisqu'à l'origine il s'agit de financer deux projets, l'équipement d'une école à Madagascar et la construction d'une église dans la région de Gap. C'est ce que l'évêque Monseigneur di Falco Léandri cherchait à réaliser lorsque Didier Barbelivien lui glissa l'idée de former un groupe sur le modèle des Irlandais The Priests.
L'entreprise a pris forme autour de trois vrais religieux dont la seconde passion est le chant. Le père Bardet fut lauréat du Conservatoire de Lyon, et le père Troesch un ancien membre des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Le troisième chanteur, le séminariste Nuyen Nguyen, est aussi doté d'une voix remarquable. Seulement, il ne suffit pas d'associer trois excellents chanteurs pour faire d'un disque une réussite artistique.
L'album du trio souffre d'un répertoire on ne peut plus convenu, mariant chants religieux tels que les inusables « Minuit chrétien », « Il est né le divin enfant », « Ave Verum » et « Ave Maria », et des partitions plus récentes sans grande originalité, entre « I Believe » d'ERA et « Halleluia » de Leonard Cohen, dans une adaptation très lisse. Il n'y a guère que la surprise d'entendre « Quand on n'a que l'amour » de Jacques Brel au beau milieu de bondieuseries comme « L'envie d'aimer » ou l'inédit « Je crois en toi » de Barbelivien. Ce n'est pas faire offense que de dire que si l'intention en valait la peine, elle aurait mérité une plus grande attention dans son exécution.
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