La chronique
A l'instar d'un Oxmo Puccino, Kohndo a su s'extirper du cadre habituel du rap français pour élaborer un style vraiment personnel. Son truc à lui c'est la soul, le hip-hop façon Zulu Nation, une pointe de funk pour accélérer le swing.
Soul Inside réjouit d'abord par l'aspect acoustique, bien plus chatoyant que les simples breakbeats et autres programmation du rap. Kohndo ne trahit pas l'esprit de la soul, bien au contraire il en donne une version vraiment fidèle, « Rock On » y va toute guitare en avant, entre funk et soul. « Pardonnez moi » montre que l'écriture et la musique peuvent se marier, Kohndo renouvelant le discours venu de la banlieue.
« Ne pars pas » adopte lui un tempo entre jazz et R&B, pas éloigné finalement de la néo-soul. En fait, c'est de l'acid jazz que se rapproche le plus la la synthèse de Kohndo. « Money » joue du tambour pour dénoncer la monétisation de toutes les activités humaines, tout en rendant un hommage à la soul psychédélique. « Vise le ciel » accueille Juan Rozoff, le Prince à la française, pour une rencontre au sommet du rap soul.
La réussite commerciale fuit jusqu'à présent Kohndo, qui manque d'un soutien médiatique à la hauteur d'un ton que peu égalent en France. Soul Inside aura du mal à éviter l'écueil malgré une qualité sans reproches.
François Alvarez
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