La chronique
Après un maxi paru en 2007 et un buzz internet pourtant ahurissant, tout le monde avait vite tiré un trait sur la jeune actrice Stéphanie Sokolinski, qui s'était réveillée musicienne du jour au lendemain. Il y avait de quoi douter, d'autant qu'elle faisait languir autant son label que son public en refusant de sortir un disque qui, selon elle, ne lui ressemblait pas. Attitude aussi agaçante (beaucoup d'artistes rêveraient de s'octroyer ce luxe) que touchante (un tel manque de confiance doit bien cacher quelque chose d'autre).
En 2012, donc, paraît le premier album de Soko, fabriqué de ses petites mains agiles. Premiers titres alléchants : « I Just Want to Make it New with You », jolie confession amoureuse assez touchante, suivie de près par la ballade, très mignonne, de « I Thought I Was an Alien ». Un peu plus loin, c'est au tour des mélodies suaves de « No More Home, No More Love » ou de « I've Been Alone Too Long » de séduire l'auditeur. Les cordes s'entrelacent, et la voix cassée de Soko, décidément charmante, surplombe l'ensemble. Malgré tout ce qu'elle peut dire, on a bien là affaire à un anti-folk pur et doux. Cette manière de se chanter, de chanter l'absurdité de la vie, de se produire de manière lo-fi...le tout en des morceaux très courts, dépassant très rarement les trois minutes.
Ce à quoi Soko rajoute une manière de se mettre en scène parfaitement nombriliste mais assumée, il faut bien le reconnaître. Si elle n'a pas le talent de conteuse de Jeffrey Lewis ni l'ironie éclatante d'Adam Green, il est possible de lui pardonner puisque son anglais n'est pas maternel, et que, contrairement à d'autres artistes français, elle ne surjoue pas un accent factice. Enfin, ses histoires de désillusions, de manque de l'autre et d'amours déçues sont universellement compréhensibles. Elles sont souvent émouvantes, souvent lassantes... Mais elles valent la peine d'être entendues au moins une fois, question de laisser le temps au charme de Soko d'agir. Ou pas...
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