La chronique
La première écoute de Showbiz, premier album de Muse, est toujours surprenante, et la ressemblance, frappante, entre la voix de son chanteur et celle du leader de Radiohead, Thom Yorke. Parmi ces similitudes, le chant doux et aigu de Matthew Bellamy faisant corps au un rock mélodique et profondément lyrique de Muse, l’alternance entre la mélancolie et la colère, et les textes aux questions existentielles.
La comparaison peut s’arrêter là où commence l’originalité et la fougue de Muse tout au long de ce premier essai sous la surveillance de John Leckie, producteur expérimenté. Qu’il s’agisse du tendre « Unintended » , succès garanti à l’heure du slow, ou du son brut de « Sunburn », où une guitare lourde et stridente pèse sur les trilles de piano, le disque reste équilibré et ouvre toutes les promesses au groupe. Les accès de rage de Bellamy dans les décapants « Escape » et « Uno » (« cos’ you’re nothin’ to me »), tango rock et dandy, court-circuitent sa voix tendre et mielleuse. L’album s’achève sur « Hate This And I’ll Love You » lourd en riffs mais savamment arrangé, où le chanteur semble être possédé par le fantôme Jeff Buckley, sombre et ironique.
Album riche en émotions entre les titres énergiques et les douces ballades, Showbiz conviendra parfaitement aux addicts du manche et aux amateurs de rock mélodique et inventif. Muse sait envoyer le plus violent des sons sans entrer dans la cacophonie. Sans être le meilleur album mais seulement le premier, il annonce les prémices d’une grande aventure.
Carole Le Bras
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