La chronique
Cet album fut en son temps très attendu : Tiga, fer de lance de la scène electro canadienne, n’avait jusqu’alors été qu’un formidable remixeur, un militant du milieu electro : organisation de soirées, ouverture d’une boutique de disques et fondateur d’un label, Turbo Recordings. Ce Sexor tombe à point nommé et représente le véritable début discographique en solo de l’artiste de Montréal. Co-produit par ses amis Stephen et David Dewaele (des formations belges Soulwax et 2 Many DJ’s), ainsi que par le producteur suédois Jesper Dahlback, Sexor s’impose dès la première écoute comme un disque electro pop. Avec ses couplets, ses refrains, ses sons et boucles typiquement ludiques et minimalistes, le disque a le mérite d’être tout de suite « lisible », contrairement à ce que l’on aurait pu penser du complexe et perfectionniste Tiga… Porté par le single en puissance qu’est « 3 Weeks », Sexor recèle bien d’autres surprises. Tout d’abord la collaboration sur deux titres du chanteur des Scissor Sisters, Jake Shears, puis des reprises bien senties que sont le « Burning Dowxn the House » des Talking Heads, le torturé « Down in It » de Nine Inch Nails, ou encore le surpuissant « Louder Than a Bomb », des rappeurs de Public Enemy. Pour les titres originaux, on retendra « High School » et sa mélodie entêtante. Au final, Sexor comprend bien des surprises et installe définitivement Tiga comme un artiste indispensable de la scène electro mondiale. Il aura fallu trois ans d’enregistrement pour le stakhanoviste qu’est Tiga Sontag, toujours présent sur tous les fronts : productions, remixes pour divers artistes et autres DJ set à travers le monde. L’attente n’aura pas été vaine. Arnaud de Vaubicourt
Réagissez