La chronique
Sous emballage frissonnant comme une arrivée de 800 mètres olympiques opposant Wilson Kipketer et Sebastian Coe, Zebda revient, et s'offre une nouvelle partie. Revient ? Mais les Toulousains avaient-ils jamais disparu de nos écrans, tant par l'activisme de certains de ses membres (Magyd et Mouss en tête), ou la forte impression qu'avaient imprimé en mode indélébile en nos c?urs « Tout semble si » ou « Je crois que ça pas être possible » ?
Donc, fin de break (putain ! sept ans !) et retour presque intact - Pascal le guitariste et Vincent à la batterie se sont faits excuser, pour cause de désaffection de la musique - pour un groupe qui a mis le soleil de ses voix dans notre quotidien, et revit grâce à deux simples préceptes : laisser ouverts en grand les échanges vers les autres (musiques, donc orientales, et frissons, donc trans-culturels). Ainsi, se mêle ici le chant des épices et le son new-yorkais du producteur Nick Sansano, un accordéon aussi déchiré qu'insouciant, et les cuivres dorés de la Blaxploitation. Deuxième principe fondateur de l'entreprise : les voix seront triples, parfois juxtaposées, parfois en galop percussif, mais toujours celles, comme autant de points de vue et de points de vie, de Magyd Cherfi, Mouss et Hakim, réinventés Trois Mousquetaires.
Voilà, le reste (l'essentiel) réside au c?ur de ces douze chansons à fredonner quelques mois avant les élections présidentielles. On n'évacue pas les choix déterminants de l'existence, croyant ou athée, PSG ou OM, sans pourtant considérer le voisin comme un ultime ennemi. Toutefois, il convient de préciser que, laïque, républicain, humaniste, et rageant qu'impossible [soit] parfois français, Zebda est de retour, et est en colère, de cette colère lumineuse et rayonnante qui soulève les montagnes. Et c'est bien.
En 2012, le groupe offre une belle nouvelle page à la chanson engagée et citoyenne : cerise sur le gâteau, on peut y danser dessus, en plus.
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