La chronique
Eric Le Sage dit avoir commencé à aimer vraiment Schumann à vingt ans, et s'est rapidement mis en tête d'interpréter l'intégrale des oeuvres pour piano. Ce projet est en bonne voie de se concrétiser avec ce sixième volume et nul doute qu'il sera conclu comme il le prévoit fin 2010, car voici un pianiste qui en plus d'être doué, très doué, est persévérant.
Le pianiste aixois, lauréat de plusieurs prix d'interprétation dont le fameux Concours Leeds en 1990, se révèle à la hauteur de ses ambitions avec ce programme pour le moins difficile comprenant les fameuses Kreisleriana opus 16 (I-VIII), un cycle de fugues (Vier Fugen opus 72, I-IV) et la Fantasiestücke opus 12 (I-VIII). Eric Le Sage saisit à merveille les instants de grâce de ces partitions et sur cette seule première partie, se montre impérial de lyrisme et de rigueur.
La seconde partie comportant des pièces moins connues mais tout aussi ardues : Six études en forme de canon pour piano à pédalier (transcrite par Debussy), les six impromptus Bilder Aus Osten opus 66 (rarement joués) et le cycle Waldscenen opus 82. Sans trop de virtuosité, le pianiste apporte les respirations nécessaires et transmet toute l'attention portée à des compositions loin d'être subalternes. Enfin, il faut souligner la prise de son bien équilibrée, essentielle dans ce type d'exercice, réalisée par le label Alpha qui voit là une entrée magnifique à son catalogue. Vivement recommandé à tout schumannien qui se respecte.
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