La chronique
Un Best of pour un groupe ayant deux albums au compteur, parait toujours un peu incongru. D'autant que Best of suppose la présence de tubes, et qu'à ce rayon Raggasonic n'est guère pourvu. Rude Best of 95-99 retrace cependant fidèlement la courte carrière discographique du groupe et apparaît comme un condensé idéal des deux albums sortis par Raggasonic.
La présence de trois titres remixés façon ragga electro n'apporte pas grand chose à l'affaire, l'essentiel reste dans les titres emblématiques du groupe, devenus cultes avec le temps. « J'entends parler », « Bleu, blanc, rouge », « Légalisez la ganja » ou « Rude boy » jettent un pont entre public rap et reggae, favorisant l'éclosion ultérieure du reggae à la française.
Ancêtre du dancehall, le raggamuffin sonne daté mais participe au charme qui émane de Rude Best of 95-99, Raggasonic évoque une époque pas si lointaine mais déjà nimbé des fumées du mythe.Et « Laisse le peuple s'exprimer » n'a pas perdu grand chose de son actualité, preuve que la musique évolue décidément plus vite que la société dont elle est issue.
Rude Best of 95-99 rappelle que Raggasonic est l'un des premiers exemples de reggae français, moins médiatique que le rap qui explose au même moment, mais pas moins important.
François Alvarez
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