La chronique
Il aura fallu attendre plus de dix ans avant de pouvoir se mettre sous la dent les nouvelles chansons des Cranberries, groupe emmené par la charismatique Dolores O'Riordan, et dont les effluves de « Zombie » (sur l'album No Need to Argue, en 1994) résonnent encore dans toutes les têtes, que l'on apprécie ou pas la particularité vocale de la chanteuse du groupe irlandais.
Revenue de ses travaux solo plus ou moins convaincants, Dolores O'Riordan et son groupe ont ici fait appel à leur ancien producteur, le fidèle Stephen Street (New Order, Blur, Morrissey...), pour mettre en boite ce Roses. Qu'en est-il ? C'est d'abord le manque de single évident qui saute aux oreilles. Si cet état de fait n'est pas nécessairement une lacune, on est cependant plus inquiet à la fin de la première écoute, quand le moment du premier bilan se concrétise en un constat amer et lapidaire : il n'y a pas grand-chose à cueillir dans Roses...
D'autres écoutes s'imposent donc ensuite... Et malgré les pertinences mélodiques de certains morceaux (le surprenant « Fire & Soul », le grandiloquent et énergique « Schizophrenic Playboy »), Roses ne décolle jamais et se fane vite, sous nos yeux et nos oreilles quelque peu désappointés. The Cranberries signe un retour en demi teinte, pour employer un euphémisme rendu nécessaire par le respect que l'on éprouve pour ce groupe entier, sans concessions et toujours honnête dans sa démarche. Mais comme il s'agit de musique et non de morale, on ne retiendra au final que la vacuité de la plupart des chansons de Roses. Raté.
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