La chronique
Composé et produit avec de petits moyens, Rockferry a été enregistré directement sur bande, ce qui lui donne un son rétro très particulier. Duffy précise : « J'écris mes chansons a cappella et je les construis à partir de ça ; c'est de là que vient notre son rétro. Dans les premiers temps, la musique était toujours enregistrée sur quatre pistes ; elle devait donc être conduite par la mélodie. Quand nous avons eu fini les démos, nous les avons ramenées à leurs co-auteurs d'origine. Ça aurait été facile de prendre n'importe quel grand nom de la production américaine, mais nous avons préféré conserver leur côté organique. »
Accompagnée par un groupe de six musiciens, Duffy surfe sur la vague néo-soul de la deuxième moitié des années 2000, remise au goût du jour notamment par la chanteuse Amy Winehouse. Cependant Duffy est loin d'être une pâle copie de Miss Winehouse. Ce premier album, qui a nécessité près de deux ans de travail, est un petit bijou pour tous les amateurs de musique soul.
D'excellentes compositions, des arrangements et un son très dépouillé, une interprétation vocale alliant sensibilité et énergie, voilà les ingrédients qui font le succès de ce premier album, dont le répertoire n'est pas sans rappeler les productions Motown. Très impliquée dans l'écriture des textes, Duffy a révélé que les titres « Mercy » et « Stepping Stone » sont autobiographiques. Ainsi, « Mercy » parle de la dépendance amoureuse.
La majorité des morceaux sont très entraînants avec des refrains faciles à retenir : comme « Serious » ou « Syrup and Honey ». Ou encore le dynamique « Warwick Avenue », troisième extrait (après « Rockferry » et « Mercy »), dont le clip a été tourné à Merrick Square en plein coeur de Londres.
Jamila Wahid
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