La chronique
Étonnant et protéiforme Mondkopf. L'homme a tête de lune à bien la sienne dans les étoiles, mais pas pour y rêvasser. Après l'éblouissant Galaxy of Nowhere en 2009, il revient dans un style sensiblement différent pour Rising Doom.
Succès international oblige, il passe de titres autrefois majoritairement français à des titres en anglais. Véritables tableaux, chacun des morceaux de Mondkopf se nomme à la façon d'une toile et en décrit le contenu. Exit donc le côté onirique de « La dame en bleu » ou « Le bain du matin », et place aux tempos plus sombres de « Days of Anger » ou « Where the God Falls ».
Sans jamais choisir entre techno minimaliste, house, ambient ou electro rock, Mondkopf produit sur Rising Doom une sorte de dark ambient revu et corrigé. « The Song of Shadows » entraîne dans une spirale infernale, totalement hors du temps et des styles, « Moon's Throat » est un long râle, une agonie sensorielle filmée au ralenti, rythmée par des claquements martiaux et des chants éthérés.
Véritable créateur d'ambiances, Mondkopf relâche un peu la pression avec « Beyond the Golden Valleys » et « Sweet Memories » à l'electro plus légère. Le virus reprend vite avec un aventureux « Girls don't Cry part II » en forme de descente dans un inquiétant caveau. Rien n'y fait, Mondkopf impose avec sa seule musique des images tenaces, des sentiments douloureux.
Rising Doom se clôture en beauté avec un « Fossil Lights » que les gobeurs de LSD auraient qualifié de planant. Actuel et classique à la fois, Rising Doom le résultat de trente années de musiques électroniques, parfaitement comprises et résumée avec une clarté aveuglante.
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