La chronique
Désormais reconnu en tant que Lamb of God et non comme un simple clone ou descendant de Pantera, le combo américain continue sur sa lancée après son excellent Wrath sorti il y a moins de deux ans. Preuve que les gars de Virginie en ont sous le coude et ne se contentent pas de bailler aux corneilles, une bière dans la main et un pétard dans l'autre. Maintenant qu'il est au sommet des charts, le gang emmené par le chanteur Randy Blythe ne peut plus se permettre de livrer un album moyen au risque de passer pour une simple étoile filante malgré ses nombreuses années d'existence. Seulement, Wrath a placé la barre bien haut.
Que faire pour continuer de plaire tout en restant au top ? Comme souvent, répéter plus ou moins la même recette en essayant de changer deux ou trois bricoles pour ne pas non plus paraître trop paresseux. C'est un peu ce qu'a réalisé Lamb of God avec Resolution. Même producteur, même son toujours aussi énorme et même esprit pour la plupart des morceaux. On aurait pu être franchement déçu. Au final, on est plutôt content de retrouver cette hargne et la folie destructrice du jeu de batterie ravageur de Chris Adler revenu en mettre une couche pour notre plus grand plaisir.
Les agneaux les plus agressifs de la création rejouent leurs meilleures gammes sans pour autant passer en pilote automatique. Mais c'est à un brin de laine près que la pilule passe. Ce qui fait la force de Lamb of God, c'est d'avoir réussi à rendre sa musique plus accessible sans jamais pondre de mélodie mièvre ni de balade poussive. Il flotte comme un petit parfum de mainstream très bien senti et surtout diablement réalisé sur cet album. Un miracle de la production qui a su avec quelles fréquences jouer et fait les bons choix en matière de mix. Car le groupe n'a guère fait de concession en matière de tubes pour public large. Grand bien lui en a pris.
Certains vous diront que l'exercice est parfois un peu facile. En effet, le titre « Desolation » ressemble à une mise à jour de l'excellent « Redneck » disponible sur Sacrament. Seulement, c'est tellement bien fait qu'on ne peut que remuer la tête comme en 2006 en appréciant un disque plus complet et mieux fignolé que le Sacrament en question. Lamb of God a donc réussi son pari en confirmant qu'il était un très bon groupe de métal sur lequel il fallait compter. Reste à savoir si il réussira à véritablement se renouveler la prochaine fois.
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