La chronique
Depeche Mode revu sous toutes ses coutures et dans tous ses états ? Il suffit de demander. Se proposant comme la suite des Remixes 81-04 paru en 2004, ces Remixes 2: 81-11 rassemblent des remixes allant de 1985 à aujourd'hui. Deux versions existent : un disque de 13 titres et un coffret de pas moins de 37 titres. De quoi combler les plus fervents admirateurs de Depeche Mode. Et c'est tout, mis à part pour une poignée de titres brillamment revus.
Cela commence assez fort avec le beat sous influence ambient de « Dream On » revu par Bushwacka Tough Guy. Un peu plus loin, UNKLE remanie avec énergie « John the Revelator » - une réussite. Sous emprise de Trentemøller, « Wrong » devient hypnotique. Avec ses accents dance, la réinterprétation syncopée de « Personal Jesus » par StarGate vaut le détour, tout comme celle, absolument irrésistible, de Alex Metric. Moins prétentieuse que d'autres remixes de l'album, elle touche juste. Sous la houlette de Helmet at the Helm, « I Feel You » connaît une seconde jeunesse.
Le remix de « Puppets » par Röyksopp, attendu au tournant, ne déçoit pas en misant aussi bien sur les rythmiques que les mélodies, avec leur habituel sens du synthétique. Avec « Leave the Silence » de Claro Intelecto, l'auditeur se transporte dans un univers ouaté et vaporeux, quasi parallèle. Karlsson et Miike Snow réussissent à fournir une nouvelle copie de « Tora ! Tora ! Tora ! » sans en enlever l'âpreté. L'un des points d'orgue de ces Remixes 2: 81-11 se trouve dans « Fragile Tension » revu (et corrigé ?) par Peter, Björn & John, un régal sonore aux échos japonisants, vulnérable et sexy à la fois. La ronde sensualité orchestrée par l'Américain Dan the Automator sur « Only When I Love Myself » dénote un bon goût incontestable.
Sans la présence Depeche Mode il y a vingt ans, la musique électronique et toutes ses déclinaisons génériques seraient-elles les mêmes aujourd'hui ? Il y a de quoi en douter, les compositions du groupe anglais étant particulièrement postmodernes et, de fait, étrangement prémonitoires du début du vingt-et-unième siècle... Tous les participants à ce recueil de remixes en ont parfaitement conscience. Américains, Norvégiens, Danois, Suédois, Anglais, Français et bien d'autres nationalités s'y croisent, réunis autour d'un même amour : celui des auteurs de « Enjoy the Silence » - titre auquel personne n'a osé s'attaquer. Étrange...
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