La chronique
Entre rock rétro et western moderne, la pétillante Zaza Fournier reprend du service pour un album à l'univers inspiré par les légendes américaines, produit par son arrangeur attitré Jack Lahana et le musicien Rob, qui l'avaient déjà épaulée pour son premier album en 2008.
C'est avec malice que l'ultra féminin single « Vodka fraise » a mis l'eau à la bouche des amateurs de rockabilly fifties. Un single au ton et à l'esthétique si remarquables (jusqu'au clip très réussi) qu'il a permis d'enlever l'étiquette « chanson Française » collée trop rapidement sur la musique de la jeune femme. Ce cocktail musical rose-bonbon, juste ce qu'il faut d'ingénu, est un délice. Mademoiselle sait jouer les filles perdues pour obtenir ce qu'elle veut : avec Regarde-Moi, elle met les hommes à genoux !
Et elle y parvient avec brio dans la chanson homonyme. Dans cette leçon de séduction, elle campe à la perfection la pin-up 50's qu'elle a pu jouer sur les planches (Zaza Fournier était comédienne). Le rôle de sa carrière. Celle qui chantait « Mon homme » confirme qu'elle sait pimenter et mettre à nu les affres de la vie à deux.
C'est ainsi, avec un parfum désuet de gomina, des techniques de séduction rodées mais efficaces que cette fan de Roy Orbison et d'Elvis Presley nous met dans sa poche. Un peu trop rapidement peut-être.
Car l'autre thématique musicale de l'album est la pop acidulée des années 1960. Les claviers et les orgues que la belle a utilisé jusqu'à l'éc?urement (« Qu'est ce que ça te fait », « Happy Birthday »), là où quelques touches aurait suffit. Au lieu de cela, certaines compositions moins inspirées affaiblissent dramatiquement l'ensemble (« Une Histoire d'amour »).
Regarde-Moi est un album étrange. Contradictoire et paradoxal. Celui d'une femme qui ne l'est sans doute pas moins. Il est avant tout l'album d'une artiste de scène qu'il faut impérativement voir dans son élément pour en juger pleinement.
Anne Yven
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