La chronique
« La scène me rappelle ma patrie, et la patrie est pour moi le lieu où je me retrouve » : dès le début de sa carrière, Patrice Bart-Wiliams a construit sa renommée sur des prestations scéniques d’une grande intensité, et d’une totale authenticité. Il était donc naturel que ces soirées fiévreuses à répétition soient honorées par le disque (qui, aux côtés d’un répertoire largement emprunté à l’album précédent, Nile (2005), offre ici un titre inédit en studio, « Don’t Cry »)…Mais Raw… constitue également un DVD (pour lequel une équipe a suivi deux années durant Patrice en tournée), incluant quatre titres supplémentaires, et autres petites gâteries (en l’occurrence quatre vidéo-clips).
Accompagné par son groupe habituel, le Shashamani Band, l’allemano-sierra-léonais s’y montre particulièrement à l’aise dans son registre habituel, savante mixture de reggae (surtout), de rock, ainsi que de toutes les déclinaisons des musiques afro-américaines (de la soul au rhythm'n'blues, en passant par le funk). C’est, essentiellement, en public, que son message de paix et d’amour démontre à quel point le chanteur reste inspiré par Bob Marley : les thèmes du Jamaïcain (un message panafricain dans « Africanize Dem »), ou son attaque de voix (les interjections tellement caractéristiques du créateur de « No Woman, No Cry », qu’on peut retrouver dans « Everyday »).
Mais Patrice sait également prendre ses distances avec son modèle, mettant provisoirement son combo au repos, et ne s’accompagnant que de sa seule guitare : il est de ce point de vue évident que « Soulstorm » ou « Uncried » relèvent davantage de la tradition du protest folk-song, que d’un quelconque déhanchement tiers-mondiste. Et l’humour n’est pas absent de l’entreprise, avec l’emprunt de quelques vers de « The Message » de GrandMaster Flash, montrant que le musicien n’ignore rien des différentes péripéties du hip hop. Patrice en public : plus authentique, plus dynamique, mais toujours riche d’une synthèse finalement inimitable. Christian Larrède
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