La chronique
Premier essai discographique du groupe, cet album éponyme est considéré comme la pierre angulaire de l'œuvre de Rage Against The Machine. Portée par une rythmique impeccable, la musique du groupe se révèle être un savant mélange de metal et de flows Hip-Hop. Tout au long des douze morceaux, textes engagés et instrumentions percutantes sont déjà au rendez-vous. Les premières mesures de « Bombtrack » font ressortir ce qui sera l'essence du groupe : basse percutante, batterie chirurgicale et guitare virevoltante. Appuyées par un chant qui fait ressortir la rage d'un groupe en colère, chaque composition du groupe est un hymne à la prise de conscience collective.
A l'image de la pochette où un bonze s'immole pour protester contre les exactions du régime sud-vietnamien soutenu par les Etats-Unis, la politique tient une place prépondérante dans l'œuvre du groupe. Zack de la Rocha, charismatique frontman, y dénonce entre autres, la première Guerre du Golfe (« Know Your Enemy»), les ghettos de Los Angeles (« Township Rebellion ») ou encore les accusations dont fait l'objet le militant amérindien Léonard Peltier (le célèbre « Freedom »).
Avec ce premier album, Tom Morello, qui inspirera des générations de guitaristes, est révélé à la lumière du monde. Les parties de guitare jouent un rôle prépondérant dans le son et l'identité du groupe. Ici, pas de riffs répétés à l'infini, pas de solos stéréotypés. Tom Morello est dépositaire d'un son très rock'n'roll qui éloigne ses lignes mélodiques des clichés du metal des années 1990.
L'œuvre discographique du groupe est lancée de fort belle manière, le succès est au rendez-vous (longue présence dans le Billboard). Mais loin de paralyser l'esprit créatif de RATM, les retombées de cette première production vont ouvrir de nouvelles portes au groupe et doper leur énergie créative.
Guillaume Mougel
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