La chronique
Le sixième album Breakfast on the MorningnTram (par ailleurs certifié en 2007 disque de platine) de lanplus francophile des chanteuses américaines aura donc constitué,npar ses deux reprises de Gainsbourg et un extrait, toujours ennfrançais dans le texte, de la bande originale du film Un Homme et une femme, un galop d'essai pour Stacey Kent. Son septièmeneffort est en effet constitué de douze chansons dans notre langue,nmais ne se résume pas à un simple florilège de quelques incunablesnhexagonaux.
nCertes,nde nombreux classiques s'affichent au sommaire : de « LesnEaux de mars »nen ouverture (en fait composition du Brésilien Antonio Carlos Jobim,nadaptée en français il y a plus de trente années par le GrecnGeorges Moustaki) à « LesnVacances au bord de la mer »n(ou Michel Jonasz revisité, l'amertume en moins, la délicatesse ennplus), en passant par un « Jardin d'hiver »nchipé à Henri Salvador (et composé par Benjamin Biolay et KerennAnn), ou le délicat « L'Étang »,ncrédité à Paul Misraki, la chanteuse aborde crânement cesnrefrains patrimoniaux, déliant sa voix souple et délicate, sur desnrythmes qui oscillent harmonieusement entre jazz (entre autres icinprésent par une adaptation par Jean Sablon, ce qui ne nous rajeunitnpas, d'un thème d'Oscar Hammerstein II et Richard Rodgers,nprinces de la comédie musicale des fifties), bossa, et chanson.
MaisnRaconte-Moi...noffre également quelques belles partitions originales : « MinAmor »,noffert par Claire Denamur, laisse croire aux amours éternelles,nalors que « Désuets »nle bien nommé (sur un texte de Pierre-Dominique Burgaud, auteur denla comédie musicale LenSoldat Rose)nsanctionne quant à lui l'inévitable déroulé du temps qui passe.nLe jeune espoir féminin Émilie Satt s'est, quant à elle,nattachée au portrait de « LanVénus du mélo »n(choisi comme premier single extrait de l'album), femme fatale etnfragile tout à la fois, sautillant mélancoliquement sur les balletsnde la batterie. Stacey Kent habite avec un égal bonheur, une voixnclaire et une diction impeccable, toutes ces mélodies, faisantnsienne les mots et musiques des autres (tous les autres), offrant sonnoriginale personnalité d'interprète, comme plus petitndénominateur commun au menu.
nProduit par le fidèle saxophoniste Jim Tomlinsonn(un très suave chorus dans « C'Est le printemps »,ndirectement inspiré par Stan Getz), Raconte-Moi... validentalentueusement l'évolution d'une chanteuse, initialementnnourrie des grands vocalistes du jazz, et qui, par cette sélectionnparfaitement originale, emprunte avec grâce - et réussite - unnchemin de traverse si réjouissant, qu'il mérite qu'ellencontinue à le fréquenter.n
nn
Copyright 2011 Music Story
Réagissez