La chronique
Ce deuxième album prolonge le travail entamé avec Clandestino. Même s’il surprend moins, il y a des différences évidentes entre le premier album et celui-ci. Proxima Estación : Esperanza est plus intense, les cuivres y sont plus présent. La première écoute donne l’impression d’une redite du précédent album, mais cela n’est qu’apparence et la finesse des rythmes apparaît lentement, chanson après chanson. Le disque oscille entre chansons et tissages sonores. Apparaissent surtout des chansons en espagnol, mais aussi en français, en anglais ou en portugais, où l’on entend aussi bien Youri Gagarine depuis l’espace que des échos du continent africain. « Merry Blues », le reggae tranquille un brin mélancolique qui ouvre l’album laisse place ensuite à des déchaînements de cuivres. Le leitmotiv du disque « La Primavera » s’inscrit dans la droite ligne des tempos hypnotiques dont Manu Chao sait régaler son public. En filigrane de cette fresque légère et mélancolique apparaissent les thèmes récurrents : la vie difficile, le constat que le monde ne va pas bien et que la lutte est nécessaire, les choses ne sont pas inéluctables. Il ne s’agit pas d’un concept-album comme pouvait l’être Clandestino. Manu Chao y poursuit son discours mais la matière utilisée a changé. Il n’hésite plus à surprendre l’auditeur, à côté des atmosphères latines, sont de retour des échos de la Mano Negra et du rock’n’roll des débuts. On retrouve des rythmes plus vifs et rapides que Manu avait exclus de son précédent album. Cet album a été retenu par le magazine Rolling Stone comme l’un des 10 meilleurs albums de l’année 2001 aux côtés de ceux de Björk ou de Bob Dylan. Christophe Deniau
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