La chronique
Le saxophoniste américain débarque avec un album anti sinistrose. David Murray s'attaque une fois de plus à un jazzman classique avec cet hommage à Nat King Cole.. Les reprises de Nat King Cole, initialement enregistré entre 1958 et 1962 à Cuba et aux Etats Unis se composent de morceaux d'inspirations cubaines et hispaniques comme le bolero, le tango, le danzon...
50 ans plus tard, le saxophoniste et le Cuban Ensemble reprennent le projet en s'entourant d'artiste de renom comme la Philharmonie Royale de Flandre ou la chanteuse cubaine Omara Portuando. David Murray réussit un double exploit avec ce projet. Rendre hommage à l'un de ses modèles d'enfant dans un album rempli d'émotion à l'esthétisme rare. Il arrive surtout à sortir des sentiers battus des interprétations de Nat King Cole. Subtil, organique, la patte de David Murray fait renaître le Cole español en le rendant neuf. Même le tube «Quizás, Quizás, Quizás » interprétés par l'exceptionnelle Omara Portuando, a ce petit quelque chose en plus dans l'orchestration et la structure du morceau qui le rend nouveau.
Cet album ressemble au sage David Murray : Posé, précis, subtil jouissant d'une interprétation sans faille....Le fruit de 6 mois de réécriture et d'arrangement de l'?uvre du pianiste. Un succès garantit auprès des non aficionados de jazz et un régal pour les plus amateurs. Une capsule d'anti morosité dans la lignée du Buena Vista Social Club.
Frédéric Neff
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