La chronique
Cet album (le deuxième du groupe) sort quelques jours après Le Détour, enregistrement de Dominique A, et c’est bien davantage qu’un concours de circonstances, tant ce dernier a ouvert grand le domaine des possibles pour toute une génération de jeunes talents de la pop à la française (tout comme Etienne Daho l’avait fait pour la décennie précédente).
En fait, il est aisé d’évoquer ici un principe de famille : celui qui relie Holden à Françoiz Breut (« Tunis » n’aurait pas dépareillé une session de la chanteuse), et à ces talents décomplexés qui permettent à la langue française de se glisser aussi commodément dans un registre binaire (« C’est plus pareil », en ouverture du disque, et qui fut alors choisi comme premier single).
Cette poignée de chansons permet au producteur Atom (le disque a été mixé rue Pedrolira, au domicile chilien de l’Allemand) de faire briller de mille lucioles le charme discret de la voix d’Armelle Pioline. Et la synthèse d’ambiances musicales de l’entre deux guerres (le two-step d’ « Une fraction de seconde »), l’impressionnisme de « Série B », la morbidité de « Margot » et son orgue charnel, ou la latinité revendiquée du bandonéon dans « La Saison des touristes », édifient par strates le plus modeste (c’est-à-dire sans affèterie) et original parcours du rock hexagonal. Entre héritage sixties et electro, douce clarinette et atmosphères nostalgiques, une authentique réussite. Christian Larrède
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