La chronique
Elle est loin l'image de la chanteuse de blues qui en 1987 avait impressionné par sa voix rauque et son feeling prégnant. Patricia Kaas n'a cessé depuis de changer de visage (tour à tour cabaret, jazz ou symphonique), de collaborateurs (Pascal Obispo, Jean-Jacques Goldman) et de langues (oscillant du français à l'anglais ou l'allemand).
L'album Kabaret, qui fait l'objet d'une sortie discrète passant par le téléchargement, puise dans tous ces univers pour proposer un charmant cocktail du savoir-chanter de la chanteuse. Patricia Kaas ouvre sa palette de couleurs au gré d'ambiances diverses. On y croise la meneuse de revue de « Kabaret », le souvenir maternel (« Une dernière fois »), mais surtout la femme légère (« Addict aux héroïnes ») et sensuelle (« Solo »). C'est dans ce registre audacieux, teinté d'electro sur un canevas rétro, que les chansons gagnent en originalité. La bonne humeur de Caravan Palace dans « Pigalle » est un attrait supplémentaire qui évite au disque de tomber dans trop de mélancolie.
Résultat d'un retour sur soi et d'un bilan sur vingt années d'une carrière faite de hauts et de bas, Kabaret est en quelque sorte une belle introduction au style multiple de Patricia Kaas en douze titres originaux.
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