La chronique
Certains esprits chagrins ont reproché benoîtement à Coldplay d’avoir obtenu un succès immédiat sans avoir galéré comme il est de mise pour un groupe de rock. C’est faux, les musiciens jouaient déjà ensemble depuis trois ans et ce n’est pas leur faute si leur excellent « debut album » est apparu dans le désert mélodique du genre en 2000. Leurs harmonies et mélodies intelligentes, des compositions accrocheuses et féministes, un son impeccable et une voix de falsetto tout en nuances ont suffi au rafraîchissant et authentique Parachutes à s’imposer comme un album majeur de la nouvelle décennie, malgré la morosité feinte de l’ambiance générale.
Bien sûr les désormais classiques « Shiver » et l’entêtant « Yellow » s’en détachent, mais le douloureux « We Never Change » et surtout « Trouble » avec sa célèbre intro au piano et son atmosphère éthérée valent aussi amplement le déplacement. Un début fort prometteur qui augurait d’autres pépites comme celle-ci, et on ne fût pas déçu. Soucieux de son image, le groupe a refusé une montagne de dollars en refusant que trois chansons de cet album, « Don’t Panic », « Yellow » et « Trouble », fassent l’objet de fonds musicaux pour des spots TV de publicité pour les marques Gatorade, Gap et Coca Cola.
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