La chronique
C’est avec ce quatrième album que le groupe sort définitivement de l’ombre. Sorti une première fois en février 2007, ce « fruit de la maturité » a été réédité en avril de la même année dans une version incluant « L’amour à la française », une vrai-fausse chanson d’amour réunissant tout les clichés français, jetée en pâture au jury de l’Eurovision qui a su apprécier, au point de leur accorder une avant-dernière place (ex aequo).
Heureusement pour eux, le succès et les ventes du disque furent inversement proportionnels à leur déplorable résultat au concours Européen de la chanson. Dix sept chansons, ce sont autant d’occasions de décocher des attaques bien pesées à ceux qui votent à droite, mais aussi aux communistes, aux racistes réunis dans un mariage, aux gothiques… Et pourquoi pas aux artistes engagés, ceux que personne n’ose attaquer ? « Monter le pantalon » est une caricature mordante au groupe Zebda (auteurs de « Tomber la chemise »), et « Bernard Lavilliers » écorne l’image du chanteur baroudeur, qui l’a d’ailleurs pris avec humour et accepté de jouer dans le clip de la chanson. C’est certain, les cousins germains de Didier Wampas viennent (pas tous) de Picardie et ont pour mission de faire rire haut et fort un maximum de monde. Ils y parviennent à grand renfort de guitares, trompettes, accordéons et rythmes sauvages, la seule condition est d’être amateur de second degré et de jeux de mots pathétiquement drôles. Ces picards, follement bêtes ou diablement intelligent, (on hésite parfois, car les textes sont bien ancrés dans la réalité) ne font pas dans la demi-mesure et ne laissent aucun répit. En guise de plaidoirie, rappelons-nous que la moquerie potache, même gratuite, n’est pas toujours vaine. Desproges, maître incontesté, disait qu’ « Il faut rire de tout. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans ». Anne Yven
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