La chronique
Auparavant, Blink-182 était considéré comme un groupe de joyeux drilles bercés au punk et à la pop, Californiens qui plus est, ce qui avait tendance à en rajouter au côté festif benêt pour ados attardés. Puis d'albums en albums, le groupe de Mark Hoppus, Tom Delonge et Travis Barker a mûri, pris du plomb dans l'aile, transformant ses riffs punk basiques en mélodies pop souvent imparables (« Adam's Song »), n'en déplaise aux détracteurs du groupe, nombreux en France, essentiellement dans la presse spécialisée parisienne...
Après sept ans d'absence (le groupe a connu des difficultés et des tragédies : accidents, décès et projets parallèles), Blink-182 revient avec Neighborhoods et un son plus travaillé. Ne reniant plus ses appétences new wave (The Cure en tête), le trio livre ici quelques titres surprenants, comme celui qui ouvre ce sixième opus, « Ghost on the Dancefloor », titre dansant mais sombre, où les claviers se noient derrière cette rythmique inquiétante.
On sent dès le début de Neighborhoods que les Blink-182 ne sont plus ceux de l'époque de « What's My Age Again ? ». Comme les membres ont vieilli, les préoccupations ne sont plus vraiment les mêmes : rien ici ne fait allusion à des soirées trop arrosées sur des campus. Les textes lorgnent plus vers une introspection toute américaine : concrète, pragmatique, comme sur l'excellent « After Midnight ».
Les très bons « Kaleidoscope » et « This Is Home » (des claviers, encore) terminent de persuader l'auditeur. Blink-182 ne laissera pas une empreinte indélébile dans l'histoire du rock mais bénéficie d'un capital sympathie indéniable, d'un savoir faire mélodique qu'il serait malhonnête (ou de mauvais goût) de nier, et, surtout, d'une poignée de bonnes chansons pop musclées et séduisantes, tout simplement.
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