La chronique
Il n'aura pas fallu grand chose comme coup de pouce du destin pour que Michel Telo, chanteur brésilien à peine trentenaire, et rompu à la scène après avoir longtemps été frontman d'un groupe populaire en son pays, pour devenir un phénomène international.
Le crooner accordéoniste, qui rend sexy l'instrument d'Aimable, a tout d'abord décroché un hit national avec « Ai Se Eu Te Pego (Nossa Nossa) », une reprise d'une chanson de 2008 composée par Sharon Acioly et Antonio Diggs. La vidéo contenait un passage chorégraphié qui a tapé dans l'?il d'une star du futebol, Neymar, qui s'est mis à la performer au point de corner à chaque but marqué. Bientôt imité par Cristiano Ronaldo et Marcelo Viera du Real de Madrid, puis par nombre de footballeurs à travers les grands clubs d'Europe. Le virus a atteint la NBA, et même le tennis, pourtant sport digne et de bon ton, quand Raphael Nadal l'a dansé pour saluer la victoire en Coupe Davis.
Il n'en fallait pas plus pour que la chanson de Telo devienne n°1 dans un nombre conséquent de pays, y compris la France. « Ai Se Eu Te Pego (Nossa Nossa) », qui marie reggae beat, accordéon et bossa ouvre donc cet album enregistré à peu près live, qui réunit autour de cette ouverture en fanfare quelques titres éprouvés du jeune brésilien. Ce n'est certes pas là la bossa raffinée de Vinicius de Moraes, mais chanteur puissant, rock star mondialisée, et instrumentiste précis sur ses touches d'ivoire, Michel Telo remplit son contrat.
Superstar en son pays nouvellement prééminent sur la scène politique internationale, il est devenu la vitrine souriante et chaleureuse de l'exportation d'un Brésil moderne et décomplexé musicalement. Qu'il ait réussi cet exploit avec un accordéon reste un sujet d'étonnement, mais les voies de la chanson sont impénétrables, et l'usage très rythmique qu'il en fait sur ses chansons est manifestement adapté au live.
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