La chronique
On pourrait, bien sûr, expliquer facilement pourquoi Murmur est un disque qui a marqué les esprits.
Dire que la personnalité du groupe se trouve déjà toute entière dans ce premier album. Ajouter qu'elle repose sur un jeu de contrastes permanent (entre les arpèges cristallins de Peter Buck, inspirés des Byrds, et le chant marmonné de Michael Stipe ; entre la sécheresse new wave de la rythmique et la chaleur folk-rock des mélodies...). Rappeler que ce disque se situe à l'exact carrefour temporel entre un post-punk déjà sur le déclin (le riff de « 9-9 ») et une indie-pop naissante (à la même époque, en Angleterre, les Smiths, pour ne citer qu'eux, développent un son proche de celui de R.E.M. - la filiation Byrds, là encore). Conclure qu'il apparaît donc très logiquement comme un album-charnière.
On pourrait dire tout cela.
On n'en aura pas expliqué pour autant la beauté de chansons somnambuliques (« We Walk » ou « Perfect Circle », sublimes ballades sous la lune), la grâce de mélodies tombées du ciel (« Shaking Through », « Sitting Still »), le mystère d'une production nimbée d'un halo de brouillard. Le mieux est donc encore de se taire, de réécouter l'album, et d'en tomber, une fois de plus, amoureux.
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