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Hélène Grimaud

Mozart - Concertos pour piano

Hélène Grimaud
Album
Durée : 1 h 6 mn
Genre : Concertos
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Universal, 2011
Label: Universal Music Division Classics Jazz
MP3 - poids : 152 Mo
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Écouter un extrait 01 - Piano Concerto No.19 in F, K.459: 1. Allegro 11:58 Album uniquement
Écouter un extrait 02 - Piano Concerto No.19 in F, K.459: 2. Allegretto 07:59 Album uniquement
Écouter un extrait 03 - Piano Concerto No.19 in F, K.459: 3. Allegro assai 07:53 Album uniquement
Écouter un extrait 04 - Ch'io mi scordi di te... Non temer, amato bene, K.505: Ch'io mi scordi di te? 01:53 0,99€
Écouter un extrait 05 - Ch'io mi scordi di te... Non temer, amato bene, K.505: Non temer, amato bene 03:15 0,99€
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Écouter un extrait 07 - Piano Concerto No.23 in A, K.488: 1. Allegro 10:42 Album uniquement
Écouter un extrait 08 - Piano Concerto No.23 in A, K.488: 2. Adagio 07:38 Album uniquement
Écouter un extrait 09 - Piano Concerto No.23 in A, K.488: 3. Allegro assai 07:56 Album uniquement
Écouter un extrait 10 - Etude in F minor, Op.posth. " Méthode des méthodes " 01:58 0,99€

La chronique

C'est simplement pour mémoire que l'on rappellera que la louve aux yeux clairs (lorsqu'elle ne fait pas résonner son clavier, la virtuose se consacre à sa fondation au bénéfice de ces canidés) a parfaitement su gérer son passé d'enfant prodige, s'imposant, avec l'insoumission caractéristique des talents avérés, sur une scène internationale sclérosée par le conformisme. Aller à l'essentiel sans affèteries reste sa marque de fabrique, comme en témoigne l'intitulé séminal de son premier album entièrement consacré à des ?uvres du génie de Salzbourg (et sans nul doute pour également faire taire des critiques, qui avaient fustigé de récents enregistrements trop polymorphes ou dispersés, comme cet opus consacré à des ?uvres d'Europe centrale), et pour la plus grande part enregistré face à une audience, également une première si l'on considère que simplement quelques dvds en public avaient en ce qui la concerne ouvert le bal en la matière.

Hélène Grimaud est ici rejointe par la soprano allemande Mojca Erdmann, dont on connaît l'attachement pour les opéras du Maître, dans deux pièces extraites de la version concertante d'Idomeneo, re di Creta (Idoménée), en un troublant jeu de miroirs, où piano et voix incarnent la perspective sexuée des jeux de l'amour et du fracas, et dans lequel l'épuisement final n'en sanctifie pas moins le triomphe de la passion. La pianiste est en outre soutenue dans l'exercice par l'Orchestre de Chambre des Orchestres Symphoniques de la radio bavaroise, avec lequel elle avait enregistré un disque consacré à Bach, et dont le leader reste Radoslwa Szulc...tout en précisant que la formation a été placée sous la direction directe de la pianiste.

Les deux pièces majeures de cet enregistrement restent deux concertos pour piano : le Concerto n°19 (en Fa majeur K.459) ne dissimule qu'à grand-peine, sous un air martial et insouciant à la fois - tel qu'il fut joué pour le couronnement de Léopold II, élevant l'art de la marche à un niveau de perfection habitée - un profond désenchantement, et la mélancolie de l'enfance enfuie. Dans cette dignité voilée de tristesse, et le déchirement qui se pare du masque de la légèreté, la partition atteint des sommets de sublime. Dans la seconde pièce, le Concerto n°23 (en La Majeur K . 488), Hélène Grimaud, qui considère la pièce comme le plus sublime concerto jamais composé par Mozart, habite avec ferveur et fièvre une partition évocatrice de la pire des douleurs : celle du souvenir.

Jouant avec les cadences, la pianiste s'approprie cette nostalgie dévorante, à la fois imprimant sa sensibilité dans cette lecture de l'?uvre, à la fois se plaçant dans la glorieuse continuité des immenses interprètes du siècle dernier (on connaît son attachement en la matière à Vladimir Horowitz).

Chez Mozart, la frontière est ténue entre vertige de la chose parfaite, surabondance de partitions comme autant d'incunables, et fêlure intime traçant son sillon dans les fondamentaux de l'âme humaine : rayonnante, dans la perfection du geste et de la sensibilité, et pour avoir parfaitement saisi cette complémentarité entre blessure et dignité joyeuse, Hélène Grimaud s'y tient dans le triomphe de ces interprétations.

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