La chronique
Pansoul a injecté une dose de house dans la french touch, en ce sens c'est à la fois un des albums phares de la french touch et un précurseur de la french house avant Homework de Daft Punk (1997) et Paradise de Bob Sinclar (1998).
Etienne de Crécy et Philippe Zdar ont bien préparé leur affaire. L'album fait suite au succès underground des titres « Visine » et « Trans-Phunk EP ». Malheureusement Pansoul se heurte à plusieurs obstacles qui empêchent son succès de dépasser les cercles initiés.
Le premier obstacle tient à la nature même de Pansoul, il introduit des rythmes house dans une french touch alors axée sur des tempos plus doux, plus jazzy, plus maniérés aussi, faire danser est le comble du vulgaire. En étant à la croisée des deux courants, Pansoul ne satisfait finalement les aficionados d'aucun des deux bords.
Le second obstacle est purement économique, Motorbass reste un projet de pionniers pas encore aguerris au chaud business. Distribué en indépendant, Pansoul n'a pas le soutien promotionnel d'une machine de guerre de major compagnie. Malgré d'excellentes critiques, en particulier en Angleterre, l'objet ne dépasse pas les 20.000 ventes.
Ré-écouté avec recul, Pansoul garde toute sa verve créative, il a même mieux maturé que nombre de projets de l'époque qui sonnent parfois datés. Virgin ne s'y trompe pas, la major ressort Pansoul en 2003. La postérité est sauve.
François Alvarez
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