La chronique
C’est loin de la variété ambiante que Christophe Maé livre un premier album tout en couleurs chaudes, se rapprochant davantage du (Roi) soleil. Un disque réalisé à son image et selon son instinct et ses influences, dominé par une version soul acoustique accompagnée de blues légers, de reggae et de funk.
Cette ambiance « jamaïcaine » s'explique par le fait que Christophe Maé a passé un mois et demi a chanter sur un bateau au large des Caraïbes. Ces influences font depuis partie intégrante de son univers musical, parfaitement retranscrites dans Mon Paradis. Le titre résume bien l'esprit de l'album où le chanteur se dévoile avec une étonnante proximité, sans artifices, et dont il a écrit et composé la plupart des titres, avec d’autres collaborations de Lionel Florence et Bruno Dandrimont. Des morceaux qui ont parfois une dizaine d’années, comme « Mon père spirituel », la première composition de l'artiste, « Ma vie est une larme » qui parle de l'incertitude de la vie d'artiste, ou « Spleen » écrits cinq ans auparavant.
Au travers de ce premier opus, Christophe ouvre ses sentiments à ses proches, comme l’autobiographique « Maman » et « Ça fait mal », qui traite au son de l'harmonica de l'absence du père. Doté de cette voix rocailleuse, Christophe conte un quotidien pas toujours rose, faisant ressortir la langueur mélancolique des textes. Avec son goût pour la liberté, ses mélodies envoutantes, c'est une véritable invitation au voyage qui se dégage de ce disque. Les percussions sont présentes mais toujours adoucies par les sonorités acoustiques : « Belle demoiselle » en est la parfaite retranscription.
Artiste complet: auteur, compositeur, interprète, Christophe Maé est consacré avec ce joli album comme une figure incontournable de la « nouvelle » chanson française.
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