La chronique
Assise sur sa balançoire, elle a le regard aussi sage que menaçant. Un grand ciseau d'un côté, des poupées à son effigie de l'autre. Olivia Ruiz n'est jamais là où on l'attend. Peut-être parce que Miss Metéores est l'un des albums français les plus attendus de l'année. Crise du disque, crise de nerfs ou de confiance ? Le premier single « Elle panique » surprend avec sa petite mélodie sucrée.
Mais cette fois, la chocolaterie d'Olivia a un goût plus amer. Celle qui a écrit la quasi-totalité de l'album nous entraîne dans son univers inquiétant et poétique, digne d'un film de Tim Burton. Il y a la recette rock des «Crêpes aux champignons » où l'on attend le retour de son amant, non pas avec un couteau de cuisine, mais un poignard. Dans « Spit the Devil », morceau d'anthologie, elle rugit, pas que de plaisir. La comptine «Peur du noir » montre une petite fille effrayée par le fantôme qui l'attend. Ces fantômes, on les retrouve dans le «morceau caché», sur un texte d'Allain Leprest. Accompagnée de jolies cordes, Olivia Ruiz susurre le doute dans «Les météores». Les musiques, brillamment orchestrées sont tenaces, sans sombrer dans la facilité. L'association chanson réaliste rock qui a fait le succès de l'artiste est moins présente.
Fidèle à Mathias Malzieu de Dionysos et Alain Cluzeau pour la réalisation, la chanteuse a convié quelques étoiles filantes: le rappeur-producteur canadien Buck 65, les Anglais de The Noisettes, les groupes Coming Soon et Lonely Drifter Karen. Du beau monde sur cette planète où il ne faut pas l'appeler «Madam». Une coquetterie qu'elle partage avec Juliette Gréco pour qui elle vient d'écrire...«Dans ma chambre de dame».
Mademoiselle Ruiz déclame en plusieurs langues. Dans «When the Night Comes», elle adapte son accent chantant pour une belle ballade anglaise. En espagnol, elle enchante en duo avec son père («Quedate»). De l'ambiance sud-ouest, on passe aux guitares du far-west dans «Belle à crever». Le météore est un corps céleste qui traverse l'atmosphère en produisant un phénomène lumineux. Olivia Ruiz aussi.
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