Le chef argentin Leonardo García Alarcón est un peu chez lui à Ambronay, au coeur du département de l'Ain, où il se rend régulièrement pour y exécuter une oeuvre du répertoire baroque qu'il affectionne tant.
Après les représentations successives de Barbara Strozzi, Judas Maccabée de Haendel, Didon et Énée de Purcell et des Vêpres à San Marco de Vivaldi, voici celle d'une oeuvre rarissime du méconnu Michelangelo Falvetti (1642-1692), compositeur sicilien de Il Diluvio Universale, antérieur de deux siècles à l'opéra de Donizetti.
Le livret de cet oratorio du XVIIème siècle est troublant de modernisme, confrontant l'allégorie de l'Ancien Testament à la saisissante réalité des personnages, où le divin descend parmi les hommes. D'une facture proche de l'Orfeo de Monteverdi, ce Déluge universel musicalement très inspiré laisse libre cours aux chants et aux choeurs d'une puissance étonnante.
La Capella Mediterranea dirigée par García Alarcón, très en verve, réussit à fédérer toute l'attention sur cette oeuvre vieille de trois siècles et demeurée inédite jusqu'à cet enregistrement, rendant justice à un compositeur oublié.
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