La chronique
Quatrième album de la Portugo-canadienne après une pause propice à l’éducation de sa fille, et premières sessions entièrement enregistrées en espagnol, Mi Plan démontre que la jeune femme ne souhaite pas laisser ses pieds dans le même sabot, et ne craint pas les déconvenues (après un premier album triomphal en 2000, l’échec du disque suivant, et un virage à angle droit vers la dance, couronné de succès, en 2006, et grâce au producteur Timbaland, avec Loose).
En éditant coup sur coup deux singles (« Manos Al Aire » et « Más »), son propre label évalue sans nul doute les risques comme limités. Il a raison. Certes, cet opus n’est pas à proprement parler un enregistrement à destination unique des hispanophones, mais bien une vision quelque peu exotique de l’univers de la chanteuse, on le sait depuis ses débuts bercé par toutes les musiques du monde. Et il est donc vrai qu’une artiste qui s’avoue influencée par des talents aussi divers que Portishead, Caetano Veloso ou Oasis, ne peut que mettre cette brillante curiosité (elle joue très bien du trombone, et passablement de l’ukulélé) au service d’un art le plus populaire possible.
Entourée de quelques amis (le Canado-Cubain Alex Cuba, le crooner mexicain Alejandro Fernandez, la star ibérique Julieta Venegas, l’icône dominicaine Juan Luiz Guerra, et La Mala Rordiguez), Nelly Furtado offre en effet avec Mi Plan une déclinaison chatoyante de refrains légers, enjoués, et roboratifs (l’amour, la vie, et les plaisirs qu’ils procurent). De plus, rappelons que cet enthousiasme mélodique n’est pas le fait d’une quelconque poupée de marketing, mais bien d’une artiste qui tient à collaborer à la composition des chansons qu’elle interprète, et choisir ses compagnons de route, musiciens, et producteurs (ici, le néophyte Alex Cuba).
D’un flamenco délicatement jazzy à la brillance d’une hispanité visitée par les tambours de l’Afrique, Nelly Furtado offre une musique pop à l’usage du monde entier.
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