La chronique
Cirkus est avant tout une affaire de famille. Cameron McVey, ici sous le nom de Burt Ford, est l’heureux époux de Neneh Cherry, qu’on ne présente plus. Par hasard (et par chance), leur fille Lolita Moon a pour petit ami le talentueux producteur Matt Kent, plus connu sous le nom de Karmil. Tout ce petit monde s’était déjà réuni en 2006 pour un premier album, Laylow, enregistré entre Londres et Malmö. Face à la bonne réception de celui-ci, l’équipe de Cirkus renouvelle l’expérience mi familiale, mi musicale, et nous revient en 2009 avec ce Medicine plutôt réussi.
Les basses groovy de « Bells » succède aux échos inquiétants de « Drug of Choice », et ouvre la voie à un album dense et néanmoins parfaitement digeste. Toujours dans une veine résolument électronique, la musique de Cirkus jongle avec toutes les influences, aussi différentes soient-elles, des membres du groupe. On peut y reconnaître les influences de Tricky, dont McVey est un ancien partenaire.
Se côtoient un trip-hop sensuel (« Grid Lock », « Medicine »), un hip-hop synthétique (« Hardly Breathing », « Fight With a Girl ») ou un pop-rock tantôt inquiétant (« Drunked & Stoned »), tantôt malicieux (un charmant « Johnny iCon » chanté par Lolita Moon). Le tout se réfère volontiers à des sonorités dub, offrant à l’ensemble un aspect world music. Ce côté coloré réchauffe ainsi les sons froids des synthétiseurs, le chant acéré de Burt Ford et la fréquente utilisation de vocodeurs et autres effets spéciaux…
Medicine se révèle un album riche, résonnant de l’investissement de ses auteurs, et cimenté par des liens affectifs indéniables.
Sophie Rosemont
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