La chronique
Deux années après le succès déferlant d’Antichrist Superstar, les Marilyn Manson remettent le couvert pour un album en totale rupture avec le précédent. Le leader du groupe prouve qu’il possède plus d’une corde à sa guitare en glissant un zest de couleurs et de glamour dans cet univers de haine.
Produit par Marilyn Manson et Michael Beinhorn, Mechanical Animals fait un retour sur les sentiments humains ou la star se pavane en Omega, un personnage ni homme ni femme, ni même humain, androgyne peut-être, au regard calme.
Le nouveau concept proposé est que les êtres humains seraient à l’état de clones, sorte de « copier-coller », leur ôtant toute personnalité pour en faire des bien-pensants (« Rock is dead », « I don’t like the drugs (but the drugs like me) »). Le titre « User Friendly » place même Marilyn Manson dans la position d'objet sexuel utilisé par une femme, sans défense et amoureux. Quel revers de situation. Y aurait-il finalement une place pour « l’amour » dans son univers sombre et tourmenté ? Peut-être. Après tout, il a dédié « The last day on earth » et « Coma white » à sa Dulcinée de l’époque, Rose McGowan… « The Last day on earth » se situe d'ailleurs entre emphase et délicatesse, avec une douce mélodie à la guitare acoustique, qui perce derrière le mur du son.
Mechanical animals est plus léger, plus aérien et plus calme, que ce soit dans la musique ou dans le discours le moins violent jamais véhiculé par Marilyn Manson. On y retrouve les guitares torturées (« The great big white world »), les accords ciselés (« the dope show »), la rythmique et le son typiquement mansoniens (« Rock is dead », qui sera entre autre présente sur la B.O. de Matrix), les fameux riffs industriels (« New model n°15 »), des bips électriques (« User Friendly »), et des « guitares-machines » à la rythmique sombre (« Coma White »). Toutefois, quelques slows (« Fundamentaly » griffé d'un solo très mélodique et d'une montée en puissance imparable) ou passages plus calmes (« I want to disappear ») laissent entrevoir une plénitude pesante.
En rendant hommage au rock des années 70’, Marilyn Manson est considéré, avec cet album, comme le Bowie du 21ème siècle, et il nous apprend surtout que l’on peut attendre tout de lui et qu’il n’a pas qu’un seul visage. Ce groupe possède une culture beaucoup plus importante qu’ils ne le laissait croire. Les futurs albums en témoigneront.
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