La chronique
Le groupe qui le fit connaître - il en était le vocaliste - (avec le très aérien hit « Big City Life ») se dénommait Mattafix, et son premier album en solo s'intitule Matter Fixed : on ne déniera pas à Marlon Roudette, beau-fils de Neneh Cherry, et petit prince d'une pop pour espaces aérés, un sens incontestable de la continuité.
Précédé du single « New Age » qui a rassemblé tous les suffrages dans l'entièreté de la vieille Europe (Suisse, Allemagne, Autriche), ce premier album répond brillamment à la douloureuse interrogation des fans du chanteur : comment Roudette va-t-il se tirer du chausse-trappe de la défection de son alter-ego, le producteur Preteesh Hirji ? En effet, dans le créneau qui a sa préférence (un reggae-pop suave et délicat), le jeune homme (il est à peine âgé de 25 ans) crée des espaces mélodiques ouverts et gracieux, qui ne manqueront pas de séduire les tenants d'une musique sans aspérités ni ruptures, mais pas sans qualités.
Roudette s'impose ici comme une figure éminente de la cool attitude, praticien émérite des principes élémentaires de la réverbération, et compositeur de vignettes musicales qu'on pourrait penser extraites de la bande originale d'un film tout en tendresse. Et même si le chanteur et compositeur a pris soin d'inviter dans ce premier opus rien moins que Lucy Leston ou Finley Quaye (le délicieux « True To Yourself »), Matter Fixed doit avant tout à un créateur qui, s'il revendique quelques racines bien tempérées - de Sam Cooke à Aretha Franklin - professe également une admiration sans bornes pour Sade, et affirme adorer Adele.
Douze instants agréables, comme des bulles de savon qui s'envolent dans l'azur, et autant de mélodies faciles qui squatteront sans faillir toutes les radios, et autres modes de diffusion modernes de la musique.
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