La chronique
C’est sur ce Mama Africa que Peter Tosh va réussir sa meilleure synthèse artistique. Parfait équilibre entre son reggae roots, ses nouvelles influences rock et soul, sa sensibilité pour la musique africaine, Mama Africa réussi la gageure d’une fusion équilibrée par un artiste à la recherche de son second souffle.
L’album est propulsé par le plus grand « tube » de Peter Tosh, cette version dantesque de « Johnny B.Goode », la guitare de Donald Kimsey part dans un crescendo sans limites, les claviers et la batterie ponctuent chaque palier, la voix de Peter surtout est à son maximum de chaleur, de puissance, de colère rentrée, le cri de cet écorché vif qui supplie le monde de l’écouter.
Que dire du titre « Mama Africa » et son subtil rythme afro/beat qui soudain relie Peter à un autre grand rebelle, Fela. Tosh revisite aussi « Stop That Train » composé au temps des jeunes années Wailers, et atteint avec Mama Africa sa maturité artistique, l’équilibre entre ses préoccupations humanistes et politique et un travail de composition apte à faire cohabiter toutes ses influences.
Mama Africa aurait dû être le départ d’une très large reconnaissance pour Peter, au-delà du mythe qu’il était déjà, seule son instabilité chronique l’empêchera d’atteindre pleinement ce statut.
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