La chronique
Made In Japan est un album qui a véritablement marqué son époque, l’album incontournable d’une génération libérée par les révoltes qui ont secoués les campus du monde entier en 1968, d’une génération attirée par la jouissance de l’énergie et de la vitesse, d’une génération dont les rock stars sont les idoles absolues et les modèles fantasmatiques.
Made In Japan institue clairement la portée mondiale de ce nouveau mode de vie, l’universalité de cette musique fédératrice, en même temps qu’il installe Deep Purple au sommet commercial et créatif du rock’n’roll.
Made In Japan est ambitieux : là ou l’album live est souvent considéré comme un « bouche-trou » contractuel pour artistes en mal d’inspiration, Deep Purple prend le contre-pied et offre un double album (format peu courant pour un live à l’époque) gorgé d’énergie et de versions sublimes de ses titres phares.
Made In Japan est exotique dans un monde où le voyage n’est pas encore démocratisé, où les visas sont de rigueur et où le Japon est exilé dans un lointain Orient mal défini. Deep Purple, par cet enregistrement, rend hommage à ses fans du monde et pas seulement occidentaux et témoigne de leur ferveur, de l’énergie enthousiaste qu’ils renvoient au groupe pour lui permettre de se sublimer.
Made In Japan est tout simplement un des meilleurs albums live de l’histoire du rock. Il retranscrit fidèlement ce que pouvait être un concert de Deep Purple au sommet de leur art, même la grandiloquence de certains passages, comme l’incontournable solo de batterie, sont empreints de vérité : tout est montré.
A quelques décennies de distance, l’émotion qui régnait entre Osaka et Tokyo du 15 au 17 août 1972 est présente sur Made In Japan. Le qualificatif a beau être galvaudé mais cet album est vital et indispensable.
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