La chronique
Le duo versaillais en est à son cinquième album – sans compter les bandes originales de films (Sofia Coppola), de livres (Alessandro Barraco), les compositions pour des actrices de renom (Charlotte Gainsbourg) et enfin, des remixes étonnamment indispensables (Everybody Hertz).
Si, par son manque de trouvailles mélodiques, Pocket Symphony en avait déçu plus d’un, ce Love 2 devrait réconcilier l’auditoire de Air, néophyte ou non. Avec un tube en guise d’ouverture, « Feel the Love », l’album démarre sur les chapeaux de roue avant de proposer des morceaux typiques des meilleures inspirations du duo : aériens, certes, mais bénéficiant également d’une technique parfaite et d’un sens notable de la mythologie.
Cette fois-ci, le thème traité est celui de l’ailleurs, de l’invitation au voyage... bien que le son de Air semble ici plus familier que jamais. En effet, Love 2 marque un retour aux sources, ces sources psychédéliques et expérimentales d’un Moon Safari (1998) ou d’un 1000Hz Legend (2001). La preuve en est avec « So Light is Her Football », le pinkfloydien « Be a Bee », ou « Missing the Light of the Day ». Enregistré dans le studio parisien L’Atlas, l’album renoue avec les envolées synthétiques de Air qui se sont imposées comme leur marque de fabrique. Possédant un indéniable talent en la matière, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin se fendent d’un superbe « Tropical Disease », qui fait intervenir les claviers, les cordes et les cuivres dans une orchestration sensuelle et délicieusement dépaysante.
Air ne parcourt plus la lune, mais s’est mis en tête de voyages en Asie, en Afrique, dans les pays inexorablement ensoleillés. Après l’espace, l’urbanité, le futur, c’est au tour de l’exotisme d’être exploré par le duo versaillais. « Heaven’s Light », « Night’s Hunter », « Sing Sang Sung » et, bien sûr, « African Velvet » témoignent de ce besoin d’évasion que cultive Air depuis ses débuts.
Réagissez