La chronique
Malgré la très bonne tenue de ses deux premiers albums studio, Danakil reste un groupe qui n'aime rien moins que la scène. La chaleur de sa musique se retrouve parfaitement sur l'enregistrement de Live au Cabaret Sauvage.
La part prise par les cuivres n'est pas étrangère au son de Danakil, le groupe pratique un reggae roots vraiment convainquant, parmi ce qui se fait de mieux en France et ailleurs en Europe. Comme tout groupe de reggae "français", les textes ont leur importance dans le retentissement de Danakil.
Revendication et observation sociale, Danakil sait trouver les mots, avec un plus une poésie qui lui appartient (« Les champs de roses »). Sans tomber dans la facile démagogie, dribblant le cliché comme jadis Bob Marley jouant au ballon, Danakil consacre un hommage malicieux au roi du reggae (« Marley) »).
Sans trop sortir du format, Danakil fait très bien ce qu'il a à faire, ne négligeant pas une séance dub sur « Les hommes de la paix », signe que le groupe vit profondément son reggae. L'enregistrement public est vraiment adéquat pour transmettre les vibrations vraiment positives de Danakil, Live au Cabaret Sauvage est une onde de plaisir partagé.
« Resistance » et « Dialogue de sourds » stigmatisent bien un monde qui fonce droit vers les abîmes financiers et écologiques, sans écouter les voix différentes qui ont pourtant tant à dire. Danakil est l'un de leurs porte-paroles sous la bannière de Jah Rastafari.
François Alvarez
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