La chronique
La banalité de son titre cache ce que ce double album relate. Un récent épisode de l'histoire qui lie R.E.M. à ses fans depuis 1980, année de la création du groupe. Retour donc au cœur de l'été 2007. Michael Stipe, Mike Mills et Peter Buck sont alors en plein enregistrement de leur quatorzième album studio, Accelerate, lorsqu'ils décident de casser la routine et convier leur public européen à cinq soirées de répétitions à l'Olympia de Dublin.
Le but de cette expérience inédite pour R.E.M. (dont la production discographique des années 2000 a essuyé de sévères critiques pour son manque de nervosité) est de tester en direct la réaction du dit-public face à de nouvelles compositions toutes en énergie rock. Le concert commence d'ailleurs par une mise au point « This is not a show ! » prévient Mike Mills avant de lancer « Living Well Is The Best Revenge ». Suivront le brûlot politique « Houston » et une première version bancale de « Supernatural Superserious », encore appelé « Disguised ».
S'ils ont qualifié l'entreprise de difficile et terrorisante, les musiciens se détendent vite sur ce terrain conquis d'avance et décident de s'adonner à un second exercice : rejouer leurs tous premiers titres et des chansons remisées au placard depuis des lustres, à l'instar de la glam « Circus Envy », de l'album Monster (1994).
C'est dans cette dichotomie, passé contre futur, que réside l'intérêt de ce live. Il est grisant d'entendre Stipe remettre « These Days », « Feeling Gravity's Pull » dans le contexte personnel qui les a vu naître, quand on sait à quel point son mutisme a fait de lui la proie des média dans les années 1990.
Seuls les premiers amoureux du groupe d'Athens frissonneront de réentendre les arpèges d'une Rickenbacker noire et blanche faire revivre « Maps and Legends », « Sitting Still », « Wolves Lower », « Gardening at Night », « Little America », dans leurs plus simples et plus beaux atours, comme aux premiers jours. Le son, brut de décoffrage, avec ses défauts (le faux départ de « Disturbance at the Heron House »), confirme que R.E.M. a bien gardé ce supplément d'âme qui les rend si attachants.
A noter que la dualité de cette performance live, sans tubes mais truffée de raretés, est figée dans un documentaire, en noir et blanc de rigueur, contenu dans l'édition limitée de l'album. Un must have, cela va sans dire !
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