La chronique
C’est sur la symphonie de poche « Grace Kelly », bande-son de l’année, que s’ouvre le premier album du meilleur espoir 2007 : Mika. Piétinant allègrement les plates-bandes de « Bohemian rhapsody » (Queen), le hit file directement au top des classements européens. La performance vocale vantée par le phénomène tient ses promesses sur la longueur d’un album résolument pop, avec ce qu’il faut de saccharose pour épater, divertir et danser. Dans le genre, « Relax (Take It Easy) » se révèle un digne follow-up,« Lollipop » et « Love Today » d’excellents seconds couteaux. Avec « Any Other World », on s’approche de Robbie Williams, le cuivré « Billy Brown » traite avec compassion et amusement du quotidien d’un homosexuel et « Big Girls (You Are Beautiful) » est une ode aux filles enveloppées, ce qui nous rappelle le savoureux « Fat Bottomed Girls » de Queen. Quand le groupe de Freddie Mercury déployait des harmonies sublimes et une rangée de riffs mordants, Mika sert une mélodie entraînante mais très calibrée. Album mûri pendant de longues années d’apprentissage par un chanteur surdoué ou tapis musical millimétré pour les capacités certes affolantes du prodige ? Certains ont choisi la seconde option en pointant la surproduction de « chansons à trois sous habillées de cordes en cascade et de faciles progressions d’accords » (Pitchfork). Trop kitsch pour être vrai ?
Loïc Picaud
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