La chronique
Deux heures de Matthieu Chédid en pleine apothéose scénique de saison, entre célébration extatique et relevage de compteur (ce live fait un best of appréciable pour sa nouvelle maison de disque).
Introduit par un texte de sa mère-grand, l'héritier à guitare volubile et coiffure gimmick aligne ses tubes en versions rock charpentées, en s'appuyant sur la solidité de son jeu de guitare, qui lui permet ses errances opératiques en voix de tête que ses fans adorent. « Mister Mystère », en cela, est un bon exemple de hit récent revitalisé en accords drus et chorus saignant.
En nouveau meilleur ami du couple emblématique Hallyday, M fait le métier, rodé à l'exercice live et aux salles exponentielles. Les mignardises ne sont pas au programme, « Tanagra » devient une sorte de blues hérissé à la Led Zeppelin, réminiscent de « Whole Lotta Love » (toutes proportions gardées), tout en bruitages sur le manche. Évidemment, l'organe lui fait défaut pour faire jeu égal dans la virilité avec son instrument, sur l'échelle des possibilités, il est à l'opposé d'un Robert Plant, mais qu'importe, pour faire miauler la six cordes, il s'y entend comme personne.
Ce florilège des chansons qu'on M, mouillées de testostérone (sa voix est mise très en avant, et amplifiée de façon à être plus intelligible que sur les albums studio, ce qui est un comble) remplit d'aise un public conquis d'avance, ce qui est un pléonasme, mais en même temps pas tout à fait. Par la grâce d'effets visuels travaillés, et d'une vraie complicité, M s'est constitué un following réellement fanatique de ses digressions musicales, et cet échange, basé sur des démonstrations de virtuosité, fonctionne à plein, c'est palpable. Héritage familial de haute volée, le « Hold Up » de Louis Chédid s'étend sur près de huit minutes de drame imagé funky, qui permet de vérifier que certaines chansons gardent leur acuité vingt ou trente ans après.
Vendus uniquement en lot avec l'album, trois autres morceaux dont un « Medley » s'étendent dans le même style graphique sur 12 minutes chacun. Autant dire que ces deux heures de retranscription d'une tournée homérique qui vient saluer non plus un album, cette fois, mais déjà une carrière, font sens et livrent leurs promesses de chaleurs grégaires.
Réagissez