La chronique
Vous reprendriez bien un peu de chouchen ? Après le succès inattendu de Nolwenn Leroy, la chaîne TF1 a décidé de miser sur du régional pour son titre de l'été. Et c'est du lourd, puisque Les Marins d'Iroise ne sont pas moins de 27, des gars de Brest, anciens de l'Arsenal pour beaucoup.
La chorale formée en 1992, enregistre un premier album autoproduit, enchaîne les concerts à l'étranger, avant qu'Universal ne vienne les chercher au port pour signer un contrat. Pour marquer le coup, il était évident d'avoir aux manettes, Jon Kelly, le producteur de Bretonne !
Comme Les Prêtres, ces Marins font des reprises, essentiellement de chansons traditionnelles. On y trouve aussi des classiques, choisis évidemment comme singles, « Santiano » d'Hugues Aufray et« Amsterdam » de Jacques Brel, dont le thème musical est inspiré par « Greensleeves », chanson anglaise. Le reste est local. « Allons à Messine » offre un détour par Lorient pour « pêcher le hareng ». « Les Filles de Lorient » est un hymne solennel aux demoiselles du pays.
Côté interprétation, la polyphonie donne de l'ampleur à certains titres, mais reste réservée aux amateurs. « Eric » est une belle chanson, en hommage à Tabarly, écrite par Miossec. Difficile de passer à côté de « Tri Martelod Yaouank », usé jusqu'à la corde, après Allan Stivell, l'adaptation de Manau (« La Tribu de Dana ») et la récente version de l'ex star académicienne.
« Sur la route de San Francisco » est un autre titre qui sent le voyage. Dans Santiano, l'avenir est aussi à San Francisco. Les Marins reprennent la phrase « On prétend que là-bas l'argent coule à flots ». Il se pourrait bien que TF1 n'ait pas besoin d'aller aussi loin pour voir couler les flots.
Paula Haddad
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