La chronique
La culture du saut latéral chassé a incité Joseph D’Anvers à poliment décliner l’offre d’un triomphe annoncé, en se contentant de composer une suite à Les Choses en Face, premier album goûteux, sous influence d’une certaine chanson française rock. Et celle des bottes de sept lieues l’invite à enregistrer son deuxième disque à Rio de Janeiro, puis aux États-Unis, comme on assouvit ses rêves d’enfant (donc d’artiste).
Mario Cataldo (Beastie Boys), Money Mark (Beasties, aussi), la chanteuse de The Rodeo, et des tas de musiciens brésiliens ne comprenant rien à ce que raconte Joseph dans ses chansons, l’ont donc soutenu dans son travail de maçon du rythme, et d’orfèvre des textes de colère, et de désenchantement brumeux. La voix retenue, protégée, ne sombre jamais dans l’amertume, et la sécheresse des orchestrations contraste avec la fragilité supposée de l’artiste.
D’une évocation de l’avenir (« Les Chiens mangent les chiens ») à quelques obsessions intimes, D’Anvers s’est concentré en priorité sur les rythmes, avant de s’attacher à la rédaction des textes. C’est au prix de cette audace qu’il évite la sclérose, et indique quelques nouveaux chemins possibles à la chanson d’ici.
Christian Larrède
Réagissez